Les sept points qui décident vraiment
Pas les fonctionnalités. Toutes les applications de cette catégorie ont une liste de fonctionnalités, et ces listes se ressemblent. Voici plutôt les propriétés qui déterminent si l’application sera encore sur votre téléphone en mars.
1. Le temps qu’il faut pour ajouter un produit
C’est tout l’enjeu. Un inventaire qui n’est plus à jour est pire que pas d’inventaire : vous cessez de lui faire confiance, puis vous cessez de l’ouvrir. Si ajouter une boîte de tomates demande quarante secondes de saisie, vous le ferez une semaine.
À tester : ajoutez dix produits de vos vraies courses. Chronométrez. Au-delà d’une dizaine de secondes par produit, c’est un système que vous abandonnerez.
Le scan de codes-barres fait généralement la différence. Vérifiez surtout qu’il reconnaît ce que vous achetez réellement, marques de distributeur comprises : c’est là que les bases de données sont les plus inégales.
2. Si la version gratuite est une vraie version
Lisez le paywall attentivement, et regardez précisément où se situe la synchronisation. Une application qui facture le fait de garder vos propres données sur vos deux appareils a choisi une chose curieuse à facturer : la personne la plus exposée est celle qui a déjà investi des heures de saisie.
3. Abonnement, achat unique ou publicité
Les trois sont légitimes. Ce qui ne l’est pas, c’est de ne pas vous le dire avant que vous soyez investi. Un abonnement finance un travail continu, et c’est honnête si le travail est effectivement continu. Un achat unique est plus intéressant si l’application est terminée. La publicité est celle qui mérite le plus de réflexion : une application d’inventaire s’ouvre debout dans une cuisine ou dans un rayon, et une publicité à ce moment-là travaille contre la raison pour laquelle vous l’avez ouverte.
4. Si plusieurs personnes peuvent la consulter
Si vous vivez avec quelqu’un, ce n’est pas optionnel, et c’est là que la plupart des applications s’arrêtent. Le problème qu’elles résolvent est précis : une personne sait ce qu’il y a à la maison, et ce n’est jamais celle qui est dans le magasin.
À tester : si l’application annonce le partage, vérifiez qu’une modification faite sur un téléphone apparaît sur l’autre sans rafraîchir à la main, et vérifiez si l’autre personne doit payer elle aussi.
5. Ce qu’elle fait des produits sans date
Une grande partie de ce que vous stockez n’a pas de date utile. Le sel, les pâtes sèches, le vinaigre, les produits d’entretien. Une application qui exige une date sur chaque entrée vous force soit à inventer, soit à renoncer. La date doit être facultative, comme tous les autres champs.
Vérifiez aussi qu’elle distingue les deux dates françaises, ou au moins qu’elle vous laisse les traiter différemment : une DLC dépassée et une DDM dépassée n’appellent pas la même décision, et une application qui les traite de la même manière vous fera jeter de la nourriture parfaitement bonne.
6. Si elle gère plusieurs lieux
Une résidence secondaire, un camping-car, une cuisine de bureau, une cave, un deuxième congélateur au garage. Si l’un de ces cas vous concerne, vérifiez-le tôt : une application conçue autour d’un seul lieu ne se rattrape généralement pas, et la solution de contournement que les gens inventent consiste à préfixer le nom de chaque produit, ce qui est pénible.
7. Qui vous répond quand ça ne marche pas
Cherchez un vrai canal de support avant d’en avoir besoin. Cela se vérifie en trente secondes et en dit long : une application avec un développeur identifié qui répond n’a rien à voir avec un formulaire qui n’aboutit nulle part.
Comment Your Food répond à ces sept points
Sans détour, pour que vous puissiez comparer avec les autres candidates :
- Rapidité. Le scan remplit le nom et la catégorie ; tous les champs sauf le nom sont facultatifs. Une dizaine de secondes par produit.
- Version gratuite. Inventaire, dates de péremption, rappels, listes de courses, scanner de codes-barres, et synchronisation de votre compte entre vos appareils. La synchro est gratuite et le restera.
- Argent. Mensuel, annuel ou paiement unique à vie, au choix. Aucune publicité dans aucune version, ni sur ce site.
- Partage. En temps réel, et une seule personne a besoin d’acheter Premium. Les personnes que vous invitez ne paient rien.
- Dates. Facultatives produit par produit, avec le délai de rappel réglé produit par produit lui aussi.
- Lieux. Un inventaire par lieu avec Premium, et les produits se déplacent de l’un à l’autre sans être recréés.
- Support. Les messages arrivent chez la personne qui développe l’application. Il n’y a pas d’équipe.
Là où Your Food n’est pas le bon choix
Autant le dire, vous le découvririez de toute façon :
- Si vous cherchez un gestionnaire de recettes ou un planificateur de repas. Ce n’est pas ce qu’elle fait aujourd’hui. Si le carnet de recettes est votre besoin principal, regardez ailleurs.
- Si vous attendez une base de codes-barres qui connaît toutes les marques de distributeur. Le scan s’appuie sur Open Food Facts, une base communautaire. La couverture est bonne et s’améliore, mais elle n’est pas complète, et certains produits demandent une saisie manuelle.
- Si vous voulez une version web ou ordinateur. C’est une application téléphone et tablette. Il n’y a pas de version navigateur.
- Si vous cherchez un logiciel de gestion de stock professionnel. Elle est faite pour un foyer. Les plafonds sont larges pour une maison et ne visent pas un commerce.
Si rien de tout cela n’est rédhibitoire, la version gratuite ne coûte rien à essayer, et une étagère est un test honnête.



