Où le gaspillage au frigo se produit réellement
Ce n’est pas aléatoire, et ce n’est pas sur l’étagère du devant. Trois endroits concentrent l’essentiel :
Les pots et sauces entamés. Achetés pour une recette, utilisés une fois, puis en concurrence avec quinze pots similaires. Rien dans l’aspect d’un pot entamé n’indique depuis quand il l’est.
Les restes en boîte opaque. Au troisième jour, plus personne ne peut les dater avec certitude, donc personne ne les mange, donc ils attendent que les jeter paraisse justifié.
Le tiers du fond. Au-delà d’une vingtaine de centimètres de profondeur, on entre dans une zone que l’œil saute, parce qu’il vise l’objet qu’il est venu chercher et ne regarde rien d’autre.
Ce qui règle vraiment le problème
Deux choses, et une seule est une application.
Le placement. Un pot entamé a sa place à hauteur d’yeux, devant. Les restes ont leur place dans une zone dédiée plutôt que là où il restait de la place. L’essentiel du gaspillage au frigo est un problème de rangement avant d’être un problème d’information.
L’information. Pour tout ce que le placement ne peut pas régler, l’inventaire : ce qu’il y a dedans, depuis quand c’est ouvert ou cuisiné, et ce qu’il faut finir en premier.
Des dates qui veulent dire quelque chose pour un frigo
Le frigo est le seul endroit où les dates gagnent vraiment leur place, parce que l’unité de temps est le jour et non le mois. C’est aussi celui où la date imprimée est le plus souvent la mauvaise :
- pour les restes, la date utile est le soir où vous avez cuisiné ;
- pour un pot entamé, c’est le jour de l’ouverture, pas la DDM sur le couvercle ;
- pour les produits frais achetés au marché ou chez le primeur, il n’y a souvent aucune date imprimée, et une estimation à trois jours vaut mieux que rien.
Ce sont trois choses que vous notez en une seconde, la boîte encore en main, et trois choses dont vous ne vous souviendrez pas jeudi.
La partie foyer
Si plusieurs personnes ouvrent le frigo, celle qui détient l’information est rarement celle qui est au magasin. Partager l’inventaire rend le frigo lisible par tout le monde : celui qui range les courses ajoute, celui qui cuisine marque ce qui est fini, et les deux modifications apparaissent immédiatement sur les autres téléphones.
Cela supprime la conversation la plus fréquente dans une cuisine partagée : quelqu’un dans un supermarché qui demande s’il reste du lait.



